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Interdire Airbnb en copropriété : Vos droits et recours

Comment défendre votre investissement face à la loi Le Meur ?


Vous avez investi dans un appartement pour le louer sur des plateformes de type Airbnb ou Abritel, et vous apprenez que votre copropriété vote la mise à l’ordre du jour d'une interdiction des meublés touristiques ?


Depuis l'entrée en vigueur de la loi Le Meur et la décision définitive du Conseil constitutionnel du 19 mars 2026, le couperet est tombé : l’unanimité n’est plus requise. Les copropriétés peuvent désormais interdire cette activité à la majorité qualifiée des deux tiers (Article 26 de la loi de 1965).


Pour autant, votre investissement n'est pas condamné d'avance. Le législateur a balisé cette interdiction de conditions ultra-strictes. Si le syndicat des copropriétaires commet le moindre faux pas, la résolution est illégale.


Voici les 3 failles juridiques majeures à vérifier pour défendre vos droits.


1. L’immeuble est-il « purement » bourgeois ?

C’est la condition reine de la loi Le Meur. Une copropriété ne peut voter cette interdiction aux deux tiers que si son règlement d'origine contient une clause d’habitation bourgeoise exclusive (qui interdit toute activité commerciale).


  • La faille : Si votre immeuble accueille déjà des commerces au rez-de-chaussée, des bureaux, des professions libérales, ou si le règlement de copropriété est permissif sur l'usage mixte, la majorité des deux tiers est inapplicable. L'interdiction requiert alors toujours l’unanimité.


2. La résolution respecte-t-elle votre résidence principale ?

La loi est d'ordre public : il est strictement impossible d’interdire à un copropriétaire de louer sa propre résidence principale de manière occasionnelle (dans la limite légale).


  • La faille : Souvent guidés par l'agacement, les conseils syndicaux rédigent des clauses d'interdiction totales et absolues (« Toute location de meublé de tourisme est interdite dans l'immeuble »). Si la résolution oublie d'exclure explicitement le cas des résidences principales, elle encourt l'annulation immédiate devant le tribunal.


3. Le texte vise-t-il le bon contrat ?

La loi Le Meur cible exclusivement les « meublés de tourisme » (clientèle de passage qui n'y élit pas domicile, à la nuitée ou à la semaine).


  • La faille : La clause votée ne doit pas déborder sur d'autres types de baux. Si la rédaction de la résolution est trop floue et peut être interprétée comme interdisant le bail mobilité (étudiants, professionnels en mission) ou les baux civils de moyenne durée, le syndicat commet un excès de pouvoir.


4. Le syndicat a-t-il correctement appliqué les règles de vote ?

Voter à la majorité de l'article 26 est un calcul d'une extrême complexité appelé "double majorité" : il faut obtenir le vote "POUR" de la majorité des copropriétaires de l'immeuble (en nombre de têtes) ET que ceux-ci représentent au moins les deux tiers des millièmes totaux.


Le piège du second vote : Si cette double majorité n'est pas atteinte, le syndic tente parfois d'utiliser une "passerelle" (l'article 26-1) pour voter à une majorité plus faible (la majorité absolue de l'article 25). Mais attention : cette passerelle est elle-même soumise à des conditions de calcul draconiennes en nombre de têtes présentes ou représentées. Si le syndic a forcé le passage à un second vote sans respecter les seuils de cette passerelle, la décision est nulle.


⚠️ Le conseil de l'avocat : Agissez dans les 2 mois ! Si la résolution a été votée malgré vos alertes, le chronomètre se déclenche. Vous disposez d'un délai strict de 2 mois à compter de la notification du procès-verbal d'Assemblée Générale pour saisir le Tribunal judiciaire et faire annuler cette clause. Ne laissez pas un vote irrégulier détruire la valeur de votre patrimoine.

Faites analyser le procès-verbal de votre AG par notre cabinet.

Me PARISY - 06 22 10 02 10 - contact@avocat-parisy.com - RDV en ligne


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